Diaspora* : Apres la fête, l’alka-seltzer
Je pari qu’il vous est tous arrivé au moins une fois, de vous réveiller au lendemain d’une soirée très arrosée , avec la tête si profondément rentrée dans les fesses, que vous vous êtes demandé si vous verriez un jour le bout du tunnel ? Avec une barre tellement rentrée dans le crane que vous vous êtes interroge sur la façon dont celle-ci a pu rentrer sans provoquer une hémorragie cérébrale ? C’est un peu l’état dans lequel je me suis réveille, bien malgré moi en ce fameux mercredi 15 septembre, date d’ouverture du repository diaspora* sur github.
Des mois de travail, et des centaines de milliers de dollars pour ça…merde ! je crois qu’il n’y pas d’autres mots pour qualifier le désappointement qui m’envaillit ce jour là . Cela fait maintenant près de 3 mois que c’est arrivé, ce billet peut donc paraitre un peu « réchauffé ». Toutefois il me semble important d’analyser ce qui s’est passé et d’envisager l’avenir du projet de façon réaliste.
Comme beaucoup d’autres gens, j’avais fondé énormément d’espoir en ce projet. J’étais près. J’avais même décidé de démarrer un petit service d’hosting de profils diaspora* , basé sur ngnix et RoR. Le résultat n’etait biensur pas a la hauteur de mes attentes. la pauvreté du code donnait l’impression que l’équipe s’était dit deux semaines avant la release: « Merde les gars, on a plus que 15 jours..faudrait peut-être qu’on se bouge et qu’on ponde un truc ! »
1. Un mauvais départ ?
je regardais récemment un talk de ted , qui disait en substance: « Lorsque vous avez un projet et que vous le révélez, puis qu’on vous congratule pour votre initiative, alors votre cerveau le considère d’or et déjà comme achevé car vous en avez déjà tiré la récompense/reconnaissance . » Je pense que c’est un peu ce qui c’est passé avec notre jeune équipe New-Yorkaise. L’engouement sucité par le projet , matérialisé par une levée de fonds bien au delà des attentes, est très certainement monté à la tête de nos développeurs ( ce qui peut sembler normal ). Selon moi, l’approche qu’il aurait mieux fallu adopter ( bien que peut-être financièrement irréaliste ) aurait été de coder en mode « gus dans un garage » , puis de faire exploser sa bombe une fois le projet bien entamé.
2. la release qui ne fallait pas rater
L’equipe avait prévenu: il s’agissait d’une release de développement, par conséquent uniquement destinée à l’attention des développeurs. Mais qui a déjà pris le train d’un projet communautaire en marche sait comment cela fonctionne: la première impression est essentielle. Si vous voulez attirer des développeurs sur un projet, vous devez mettre toutes les chances de votre coté, et pour ça vous devez les « bluffer » sur le travail déjà accompli. Il est beaucoup plus facile d’attirer les gens sur quelque chose de concret et qui marche déjà à moitié, que sur un concept qui n’existe que dans votre tête, aussi brillant soit-il.
3. Un avenir plus radieux
Malgré la douche froide provoquée par la sortie de cette première version, les temps à venir s’annoncent plus cléments. Les commits s’enchainent a un rythme soutenu et nul doute que la déception provoqué par leur première mouture a plus que jamais motivé nos compères. Reste à présent à convaincre une masse plus conséquente de développeurs de se joindre à l’aventure, et surtout à convaincre les utilisateurs que le passage à diaspora leur apportera un vrai plus par rapport à la concurrence, ce qui n’est pas impossible mais loin d’être gagné…
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